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Oct

2007

Rapport 2007 du Haut Conseil de l’Education concernant l’école primaire et commentaires de l'ARLE PDF Imprimer Envoyer

Rapport 2007 du Haut Conseil de l’Education concernant l’école primaire
(France, 2007)


Remarques et commentaires de l’Arle


La lecture de ce rapport appelle les quelques remarques et commentaires suivants :
  • Il est intéressant de constater que, dans son introduction, est mentionnée la prise de conscience du Haut Conseil de l’Education sur l’importance de l’école primaire dans le cursus scolaire des élèves. Il est écrit que la qualité de l’enseignement ainsi que les mesures d’appui et de rattrapage prises durant cette période sont déterminantes pour l’avenir scolaire des élèves.

  • On y affirme que l’école élémentaire (1E/2E à Genève) doit s’efforcer d’aplanir les différences de départ des élèves correspondant à leur milieu socioculturel, et qu’il faut renforcer les mesures d’appui et de rattrapage pour les élèves en difficulté.

  • Ce rapport reconnaît également l’influence des méthodes pédagogiques, notamment dans l’approche de la lecture. L’Education nationale a décidé de changer de méthode de lecture pour la rentrée 2006. Les méthodes globales ou semi-globales ayant montré leur inefficacité et même leurs défauts, on a réintroduit la méthode dite alphabétique ou phonologique. L’importance de la lecture à haute voix, bannie pendant un certain temps, est enfin reconnue.

  • Les apprentissages du CP et du CE1 (1P et 2P à Genève) sont considérés comme extrêmement importants car ils assurent la base de tous les apprentissages fondamentaux en français comme en mathématique. Un manque de maîtrise en grammaire, en conjugaison et en orthographe pénalise les élèves à l’entrée du collège (CO à Genève).

  • Le rapport dénonce également le manque d’autonomie de beaucoup d’élèves à l’entrée au collège (CO) alors que le nombre de professeurs est important et qu’il faut savoir gérer seul son travail .

Ce rapport décrit une école primaire fonctionnant selon l’idéologie de la « rénovation » telle que nous l’avons connue à Genève. Les constatations qu’on y trouve sont à peu près identiques à celles que l’on a pu faire dans l’école primaire genevoise.

Dès sa création, l’Association refaire l’école (ARLE) a dénoncé le manque d’efficacité des méthodes d’enseignement du primaire et l’idéologie y régissant tous les apprentissages. Elle a fait des propositions dans un rapport intitulé « Les problèmes de l’école primaire genevoise ».

Ce rapport affirme encore :
  • que le redoublement précoce est inefficace et contraire à l’égalité des chances,

  • que les enfants d’ouvriers redoublent plus souvent que les autres,

  • que certains élèves peuvent avoir jusqu’à 12 mois d’écart entre eux ce qui, à cet âge-là, fait problème pour le développement psychique et intellectuel,

  • que le redoublement est plus un pis-aller qu’une solution.

Il admet pourtant que lorsqu’il n’y a pas d’autres solutions il faut y recourir, ainsi que pour les enfants non-francophones.

Il existe des rapports en faveur du redoublement (voir ici) et d’autres qui le critiquent. C’est l’éternel problème. De notre point de vue, le redoublement lié à l’apprentissage de la lecture en fin de 1P est indispensable lorsque l’élève ne maîtrise pas le déchiffrage. Un redoublement précoce peut être utile dans ce cas.

Un élève maîtrisant mal la lecture ne peut pas entrer dans les apprentissages de base du français technique, se débrouiller seul avec les consignes dans toutes les branches introduites au CE1(en 2P). Cependant, à Genève, on ne fait pas redoubler un enfant non-francophone, mais on lui laisse deux ans pour s’adapter et acquérir le niveau de français requis. L’Arle est en parfait accord avec ce système.

Pour l’ensemble de l’enseignement primaire, le Service de la recherche en éducation (SRED, 1999, p. 83) dans un rapport intitulé « Le changement : un long fleuve tranquille ? » précisait que 76% des élèves ayant redoublé poursuivaient une scolarité normale.

Un paramètre dont il n’est pas question dans le rapport français, est le fait que tous les êtres humains, et par conséquent les enfants, n’ont pas les mêmes aptitudes intellectuelles ou manuelles. Il faudrait donc, une fois pour toutes, admettre que, dès le départ, certains enfants ont plus de difficultés que d’autres dans les apprentissages scolaires. L’essentiel est qu’ils acquièrent des bases solides en lecture, en français oral et écrit et en mathématique. Le redoublement peut alors offrir à ces élèves la possibilité de combler des lacunes et de reprendre confiance en eux. L’Arle a toujours proposé que, avant d’en arriver au redoublement, l’on mette en place des appuis ; elle lutte actuellement pour obtenir des mesures d’appui et d’accompagnement plus efficaces au primaire.

L’école primaire française dont il est question fonctionne en cycles de 3 ans et l’élève avance à son rythme. On est en plein dans le système de la « rénovation » que l’Arle a combattu avec virulence vu les dégâts causés dans les apprentissages des élèves : lacunes, manque de rigueur, manque de maîtrise des apprentissages et des compétences, méthode et rythme de travail insuffisants, etc.

Les auteurs de ce rapport observent que l’esprit des cycles n’a pas été assimilé par les enseignants et a été mal compris par les parents. Ce sont les mêmes excuses que l’on entendait de la part des partisans de la « rénovation » à Genève. Toutefois, après plus de 10 ans, si un système s’avère inefficace, il faut le reconnaître et en changer. Grâce à notre initiative sur les notes, nous avons pu revenir à la raison avec le soutien populaire.
  • Le Haut Conseil de l’Education demande maintenant que les acquis soient vérifiés plusieurs fois par an pour mettre en place un soutien efficace à chacun. Il souligne aussi que la pratique régulière de l’évaluation rend l’enseignement plus efficace.

  • L’importance de la formation des enseignants est également soulignée dans ce rapport. Une formation spécifique aux petits degrés est préconisée, vu les différences avec les tâches de la division moyenne.

  • Le rapport stipule enfin qu’il faut renforcer les mesures d’accompagnement pour lutter contre l’échec scolaire et améliorer le niveau des apprentissages de base des élèves de l’école primaire.

L’Arle est en parfait accord avec tout cela, notamment en ce qui concerne la formation des instituteurs qui a beaucoup perdu par l’indifférenciation que fait notre FAPSE entre la formation enfantine et primaire. Nous souhaiterions que cela soit corrigé et qu’une filière de formation spécialisée pour les élèves plus difficiles soit créée. Ce besoin de formation a été récemment souligné dans le cadre de la création du Réseau d’Ecoles Prioritaires genevois (rapport du SRED « Mise en place d’un dispositif-pilote dans le groupe scolaire Gros-Chêne/Tattes », 2007, p. 130-131).

Précisons enfin que, contrairement à la propagande de nos adversaires, l’initiative « sur le maintien des notes à l’école primaire » n’imposait pas de redoublements automatiques. Le texte précisait seulement que le passage d’une année à l’autre n’était pas automatique, ce qui est la moindre des choses. Le règlement d’application prévoit le passage par dérogation avec des mesures d’accompagnement et cela avec le plein accord de l’Arle qui se bat actuellement pour que les mesures d’accompagnement promises ne soient pas un voeu pieux.


Octobre 2007