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| Adressé au "futur président de la République", un "appel pour la refondation de l'école" sera lancé lors d'une conférence de presse à la Sorbonne, mardi 24 avril, au surlendemain du premier tour, de façon à interpeller les deux candidats encore en lice. Cet appel s'appuie sur une pétition, publiée sur Internet en septembre 2006 et qui vient d'atteindre les 10 000 signataires, dont environ une moitié d'enseignants en exercice ou retraités. Le texte, qui se veut étranger au clivage droite-gauche, n'est pourtant pas consensuel : entre les tenants de "l'instruction" et ceux de "l'éducation" - débat récurrent depuis une vingtaine d'années -, il se situe clairement du côté des premiers. L'ancien ministre Jean-Pierre Chevènement, aujourd'hui membre de l'équipe de campagne de Ségolène Royal, compte parmi ses signataires. L'appel est cependant rédigé de façon à limiter les traits polémiques. Il porte un diagnostic - "l'école est malade" - et propose des solutions, inspirées par la réaffirmation de la priorité à "la transmission des connaissances et l'apprentissage du raisonnement". Ses cinq initiateurs ne sont pas des inconnus dans les milieux de l'éducation. Le mathématicien Laurent Lafforgue, médaille Fields 2002, éphémère membre du Haut Conseil de l'éducation, avait dû en démissionner en novembre 2005 après avoir, dans un courriel, comparé la "Nomenklatura" de l'éducation nationale à des "Khmers rouges". L'instituteur Marc Le Bris est membre de l'association "Sauver les lettres". Le mathématicien Jean-Pierre Demailly est président du GRIP (Groupe de réflexion interdisciplinaire sur les programmes), dont Michel Delord, professeur de mathématiques, a été l'inspirateur. Enfin, cheville ouvrière de l'appel, Frédéric Guillaud, normalien, agrégé de philosophie, a été, de septembre 2005 à mai 2006, conseiller technique au cabinet du ministre de l'éducation nationale, Gilles de Robien. Parmi les signataires, on relève les principales figures du combat contre le "pédagogisme" (terme qui n'est pas utilisé dans l'appel) : Jean-Paul Brighelli, Liliane Lurçat, Rachel Boutonnet... Les écrivains Renaud Camus et Claude Duneton, les historiens Alain Besançon et Pierre-André Taguieff, les académiciens Marc Fumaroli, Jean d'Ormesson et Jacqueline de Romilly en font également partie, de même que Michel Zink et Antoine Compagnon, du Collège de France, ainsi que les professeurs Robert Redeker et Maurice Maschino, les journalistes Natacha Polony (Marianne) et Eric Zemmour (Le Figaro) ou le théoricien libéral Philippe Nemo. "LES BASES NE SONT PLUS ACQUISES" Le texte vise essentiellement l'école primaire où, "depuis trente ans", sous l'effet des "réformes successives", le niveau d'exigence a "dramatiquement baissé". Ses rédacteurs citent un exemple, tiré des statistiques du ministère de l'éducation : aux évaluations de 2005 à l'entrée en sixième, un taux d'échec de 60 % a été enregistré à la question de calcul mental "combien valent 60 divisés par 4 ?". "Les bases n'étant plus acquises, le travail des professeurs du secondaire devient de plus en plus difficile, voire impossible", estiment les auteurs de l'appel, qui prônent en priorité l'instauration de "nouveaux programmes, courts, explicites, compréhensibles par tous". Se déclarant pour une plus grande "liberté pédagogique", ils demandent que les instituteurs et les professeurs soient notés "uniquement sur leurs résultats". Enfin, ils défendent "le redoublement du CP si la lecture n'est pas maîtrisée en fin d'année" et se prononcent en faveur d'un "contrôle des connaissances en fin de CM2, fondé sur des épreuves comportant au moins dictée, rédaction, questions et problème d'arithmétique". Luc Cédelle in LE MONDE | 19.04.07 | 16h28 Article paru dans l'édition du 20.04.07 |


