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ÉDUCATION La réforme au primaire est stoppéepar Marie Allard La Presse 26-10-2005 La réforme est arrêtée au primaire. Le ministère de l'Éducation a décidé de stopper tout nouveau développement en 2005-2006 afin d'évaluer si la réforme porte ses fruits. Les résultats aux examens de fin de primaire de 2000 et de juin dernier sont actuellement comparés, pour voir si les enfants s'améliorent- ou régressent- depuis son arrivée il y a cinq ans. Le Ministère s'engage ensuite à apporter «les ajustements qui seront jugés pertinents» au «renouveau pédagogique», nouveau nom officiel de la réforme. Il s'agit d'une première admission claire des problèmes liés à son implantation. Dans un document envoyé le 19 octobre aux commissions scolaires, Québec «reconnaît que l'année scolaire 2005-2006 doit être une période de consolidation au primaire». En conséquence, «l'objectif est de n'ajouter ni nouveau processus ni programme d'activités additionnelles qui risqueraient de compromettre cette consolidation», précise le Ministère dans Le Renouveau pédagogique, Ce qui définit «le changement». Il faut plutôt consacrer ce temps «à l'analyse de situations, à la réflexion, à la validation de certains éléments du renouveau et aux ajustements jugés pertinents», est-il écrit. La Table de pilotage du renouveau pédagogique, réunissant notamment les enseignants et les parents, est chargée de nommer les obstacles et de trouver des solutions. «Ça n'avait pas de bon sens de continuer sans faire le bilan des effets de la réforme au primaire, a dit hier à La Presse Paula Duguay, vice-présidente de la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE-CSQ). La promotion automatique, l'obligation de travailler par cycles de deux ans, c'est en place et il faut revoir tout ça.» Un comité s'affaire à comparer les notes des élèves de sixième année en écriture et en maths aux examens du Ministère de 2000 et 2005. Les résultats au test international TEIMS sur les maths et les sciences sont aussi examinés. «On prévoit déposer un rapport en avril, mais on aura des résultats dès cet hiver», a dit Mme Duguay, qui siège à la Table de pilotage de la réforme. La pédagogie par projet n'est plus obligatoire Déjà, le Ministère a fait d'importantes concessions. Il admet que chaque enseignant doit adopter la réforme « dans le respect du rythme qui lui est propre ». Au lieu d'imposer la pédagogie par projet, il souligne que le « choix des méthodes et approches pédagogiques à utiliser » repose sur les professeurs. Il précise également que les «cheminements particuliers de formation», des classes spéciales pour les élèves en retard au secondaire, demeurent en place. Auparavant, la réforme préconisait l'intégration de tous les élèves dans la même voie. Le document de 11 pages présente les grandes lignes du renouveau, telles que vues actuellement par le Ministère. «C'est un document qui arrive à point, a commenté hier Annie Jomphe, représentante de la Fédération des commissions scolaires. C'est sûr que depuis le début, beaucoup d'éléments manquaient de clarté, alors c'est pertinent de faire le point.» Mme Jomphe a toutefois souligné que la consolidation «ne signifie ni recul ni immobilisme», pour reprendre les termes du Ministère. «C'est sûr que le syndicat demandait une année quasiment d'arrêt, et qu'on ne le fera pas exprès d'intégrer de nouveaux éléments, a-t-elle dit. Mais les milieux peuvent le faire.» «Tout le monde est bien conscient que dans le débat actuel, avec l'implantation au secondaire qui n'est pas sûre et les négociations des enseignants, il fallait clarifier les choses, a ajouté Diane Miron, présidente de la Fédération des comités de parents. On s'est dit: ne poussons pas trop sur la machine si elle n'est pas prête à avancer plus qu'il faut. Ce n'est pas lancé à la légère, il y a vraiment une volonté de bien suivre l'évolution de la réforme pour essayer d'apporter les correctifs qu'il faut pour que ça marche.» repris du site www.cyberpresse.ca/ du 26/10/2005 |


