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Courchesne s'assurera que l'école mette aussi l'accent sur les connaissances PDF Imprimer Envoyer

CLAIRANDRÉE CAUCHY in Le devoir.com

Édition du mercredi 16 avril 2008
Mots clés : connaissances, Michelle Courchesne, Gouvernement, Éducation, Québec (province)

Les connaissances devraient entrer par la grande porte dans les programmes de formation du primaire et du secondaire en septembre 2009. La ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, entend définir les connaissances qui devront être acquises à chacune des étapes d'une année scolaire et s'assurer que les bulletins en rendent compte.

C'est ce qui ressort des propos tenus hier par Mme Courchesne lors de l'étude des crédits budgétaires de son ministère en commission parlementaire. Des comités formés d'enseignants, de conseillers pédagogiques et de spécialistes de la didactique de chacune des matières seront mis sur pied pour scruter à la loupe chacun des programmes. On établira ainsi une «hiérarchie des savoirs» devant être acquis pour chaque période d'une année scolaire.

«On ne changera pas les contenus des programmes. On va les ordonnancer. On va donner des indications suffisamment précises et établir cette hiérarchisation à partir des programmes existants», a expliqué la ministre au terme de la séance de la commission parlementaire.

Cette version plus précise des programmes devrait être disponible en juin 2009, afin d'être utilisée à la rentrée suivante. La nouvelle version des programmes de français sera cependant prête à être appliquée dès septembre prochain, puisque le travail est enclenché depuis le dévoilement du plan d'action sur le français en février dernier.

Depuis l'implantation de la réforme, il y a de cela 10 ans, les programmes mettent l'accent surtout sur le développement des compétences, les savoirs ou connaissances (telles les règles de grammaire ou encore les tables d'opérations mathématiques) n'y sont mentionnés, en vrac, qu'à titre indicatif. On préconise par ailleurs l'évaluation des compétences et non celle des connaissances en tant que telles, présumant que les compétences impliquent nécessairement l'utilisation des connaissances.

Cette philosophie, réitérée récemment dans un avis du Conseil supérieur de l'éducation, est décriée vivement par les syndicats d'enseignants. La ministre leur a donné raison hier, qualifiant l'avis du CSE de document «flou» qui ne l'a «pas convaincue». Elle a promis de travailler avec les syndicats d'enseignants pour mieux rendre compte de l'acquisition des connaissances des enfants.

«Le Renouveau [pédagogique] laissait une pleine latitude aux enseignants. On s'aperçoit que les enseignantes, dont certaines très jeunes qui sortent des universités, n'ont pas cette capacité. Elles sont dans le doute et ont besoin de soutien», a indiqué Mme Courchesne.

Elle estime «souhaitable» qu'on fasse état de l'acquisition des connaissances dans le bulletin et qu'une évaluation annuelle des connaissances soit effectuée, alors que cet exercice n'est pour l'heure prescrit qu'à la fin d'un cycle de deux ans.

«Il faut que ce soit clair dans les bulletins, que le parent sache où en est l'évaluation des connaissances de son enfant. Mais il faut aussi qu'il sache si son enfant est capable d'intégrer les connaissances dans les compétences. Je ne veux pas revenir à un bulletin de 10 pages, le défi sera de conserver cela clair, précis, limpide», a indiqué Mme Courchesne.

«On n'a plus le droit à l'improvisation ou à l'erreur. C'est colossal comme travail, mais je n'en démords pas», a affirmé Mme Courchesne, en réponse à une des multiples questions des députés de l'opposition.

Les correctifs annoncés à la réforme plaisent aux syndicats d'enseignants, certains y retrouvant jusqu'au vocabulaire précis de leurs demandes. «Quand nous demandions de réformer la réforme, pour continuer à l'appliquer dans ce qu'elle a de méritoire, nous mettions au jeu des solutions crédibles. Nous avons l'impression que la ministre prend beaucoup de ces éléments», s'est réjouie la présidente de la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE-CSQ), Johanne Fortier. Elle croit que l'étape la plus difficile sera de lier l'apprentissage des connaissances à l'évaluation, pour l'heure centrée sur les compétences.

La Fédération autonome de l'enseignement, membre de la coalition Stoppons la réforme, salue elle aussi l'annonce de la ministre et espère également qu'elle ne s'arrêtera pas en cours de route. «C'est très intéressant. Mais il faut que cela se poursuive, il faut nous permettre localement d'en rendre compte dans le bulletin pour que cela ait un certain sens», a affirmé le responsable des communications de la FAE, Yves Parenteau.