Le Temps, 29 novembre 2008

Cycle genevois: polémique de la dernière minute

GENEVE. Le bras de fer autour de l'initiative scolaire a connu des rebondissements vendredi.
Cynthia Gani
Samedi 29 novembre 2008

La bataille se sera prolongée jusqu'à la dernière minute. Vendredi après-midi, les défenseurs de l'initiative «pour un Cycle qui oriente» ont à nouveau sévi. Ragaillardis par leur victoire au Tribunal administratif, qui avait accédé à leur demande en annulant le scrutin scolaire de ce dimanche (LT du 19.11.2008), ils annonçaient avoir déposé un second recours au TA contre l'Etat. En cause: le canton aurait refusé de leur donner les garanties promises sur le non-dépouillement des objets supprimés du scrutin. Mais en fin de journée, coup de théâtre! Les recourants s'étaient désistés.

Un feuilleton burlesque

Au cœur des joutes: le Cycle d'orientation, qui fait l'objet de moult rebondissements. A commencer par l'annulation du vote, décidée par le TA. Sensibles aux arguments des auteurs de l'initiative, les juges avaient décidé de sanctionner le Conseil d'Etat, accusé d'avoir failli gravement à son devoir d'information objective dans la brochure explicative des votations.

Depuis le début de la polémique, le gouvernement multiplie les acrobaties pour garder la tête haute. Au départ, le président Laurent Moutinot affirmait dans nos colonnes que les recourants agissaient ainsi «pour s'assurer une certaine couverture médiatique». Une fois la décision du TA tombée, le socialiste persistait en défendant le texte incriminé: «Il a été correctement rédigé», disait-il à la presse le 19 novembre. Ce n'est pas tout: malgré l'annulation du scrutin, Laurent Moutinot appelait la population à continuer à voter. Et le site internet de l'Etat ne mentionnait rien au citoyen jusqu'à il y a quelques jours. De plus, l'affaire n'en est pas à son premier retrait de recours. Volant au secours du gouvernement, Laura Weiss, épouse du député libéral Pierre Weiss, avait fait appel au Tribunal fédéral, avant de reculer.

«Bourde sur bourde»

Vendredi, André Duval, président de l'Association refaire l'école, dénonçait «un scandale»: alors que le chancelier Robert Hensler avait promis de reprogrammer les machines chargées du dépouillement de manière à ce qu'elles ne puissent pas lire les objets 3, 4 et 5, le Service des votations ne pouvait pas donner de garanties suffisantes. «C'est une question de principe, ils commettent bourde sur bourde», s'énervait André Duval. De son côté, Robert Hensler assurait avoir fait tout ce qui était possible pour que personne ne puisse lire les résultats. «Il n'y aura ni lecture ni dépouillement dans les locaux.»

En fin de journée, le recours a finalement été retiré, non sans amertume. André Duval: «Il a fallu qu'on aille au TA pour que l'Etat consente à respecter les lois.»