Sur le site web de la Tribune de Genève (www.tdg.ch), le 25 novembre 2008

On ne saura pas si le report de la votation sur le C.O. était trop sévère
RECOURS | Le Tribunal fédéral n'a pas accordé l'effet suspensif à Laura Weiss, enseignante au Cycle d'Orientation, qui a recouru jeudi dernier contre la décision du Tribunal administratif genevois. La recourante a alors retiré son recours. On ne saura donc pas si l'arrêt des juges genevois était correct ni si la sanction infligée - l'annulation pure et simple du vote sur le Cycle d'orientation - était proportionnée. D'aucuns pensent que le maintien du scrutin assorti d'une publication d'un texte rectificatif dans la presse aurait suffi.
J.-F. Mabut | 25.11.2008 | 07:44

L'info a été diffusée hier soir par Pascal Décaillet sur le plateau de Léman bleu et commentée ce matin sur Radio Cité en l'absence de la recourante. Une citoyenne comme une autre qui n'entend pas être placée sous les feux des projecteurs? Une citoyenne simplement motivée par la frustration suscitée par la décision du TA et qui découvre dans un article de la Tribune du 20 novembre que quiconque peut recourir au Tribunal fédéral? Pas tout à fait.

Laura Weiss est enseignante au Cycle et chercheur à la Faculté de psychologie et des sciences de l'éducation. Elle est aussi l'épouse de Pierre Weiss, député libéral au Grand Conseil et président depuis mars 2008 du parti libéral suisse. D'ici à flairer un coup monté par le parti libéral, il n'y avait qu'un pas qu'a franchi le journaliste vedette de la politique genevoise et le blogueur Patrick Dimier, fraîchement élu à la Constituante.

Pierre Weiss jure qu'il n'en est rien: "J'adore mon épouse qui a l'impulsivité des femmes italiennes. Elle a pris conseil auprès d'un avocat - non membre du parti libéral, précise-t-il - qui l'a aidée à rédiger son recours. Vingt-quatre heures plus tard, elle recevait l'information du TF que l'effet suspensif n'était pas accordé. C'est tout."

Dans un article paru dans Bilan en février 2006, consacré au politicien de Soral sous le titre "Pierre Weiss doit marier radicaux et libéraux. Bon courage", il décrivait sa femme, rencontrée sur les bancs du collègue, d'"exemple d'esprit critique".

On ne saura donc pas si l'arrêt du Tribunal administratif était correct - ce que peu de gens contestent - ; ni si la décision de reporter la votation était proportionnée. Hugues Hiltpold, président du parti radcial, qui n'a pas pour habitude de se prononcer sur une décision de justice, séparation des pouvoirs oblige, pense néanmoins que "cette décision d'interrompre un processsus électoral en cours est une première dont on n'a peut-être pas fini de mesurer les conséquences". Hugues Hiltpold craindrait-il un recours des partisans ou des opposants à la loi sur l'Université si d'aventure le référendum obtenait dimanche 49 ou 51%? "Rien n'est impossible" conclut-il.
__________________________________________________________________________________

Dans le GHI, 26 novembre 2008

la citoyenne Weiss est déboutée