La brochure explicative des votations du 30 novembre, pages 18, 26, 27 et 28, contient de nombreux mensonges au sujet de l’initiative 134 «Pour un cycle qui oriente».


Nous les analysons ci-dessous et vous invitons à voter:


OUI à l’initiative NON au contreprojet Question subsidiaire: IN 134



L’initiative opère une sélection précoce et oriente par l’échec.

Faux !

S’il est admis que le Cycle doit remplir son mandat d’orientation, alors il faut accepter que le choix d’une voie, pour qu’il ait un sens, soit fait en fin de 7ème, la 8ème et la 9ème année devant être consacrées à l’approfondissement des apprentissages choisis.

L’initiative 134 n’oriente pas par l’échec: au contraire, elle prévoit que l’élève sera conduit durant toute l’année de 7ème, parfois durant l’année de transition aussi, le plus loin possible de son point de départ. A l’issue de ce temps d’observation, dans l’intérêt de l’élève, il faut lui indiquer la voie la plus réaliste pour lui, quitte à redimensionner certaines ambitions.

Le contre-projet fait miroiter la possibilité de changer continuellement de section grâce à un système de passerelles complètement trompeur et irréaliste. Cela continuera à faire du cycle un flipper généralisé dont précisément les élèves les plus fragiles sortiront sans rien dans les mains.

 

L’initiative oblige les élèves faibles à parcourir le cycle en quatre ans au lieu de trois.

Faux !

Grâce à l’année de transition, placée au sortir du primaire et destinée à «regonfler» l’élève avant de l’envoyer en 7ème dans les meilleures conditions, l’initiative 134 offre aux élèves non promus de l’école primaire la possibilité d’entrer au Cycle d’orientation et d’y combler leurs lacunes. Ils entrent ensuite dans une 7ème ordinaire et poursuivent comme tous les autres élèves. Quant au contre-projet, il ne les admet tout simplement pas en 7ème !

 

L’initiative n’offre à ceux qui seront en échec que la possibilité de s’orienter vers une filière aux exigences moindres.

Faux !

L’initiative 134 ne fait que rappeler le règlement actuel qui interdit qu’un élève accomplisse plus qu’une année supplémentaire au CO.

Les élèves qui ont bénéficié de la classe de transition entrent ensuite dans une 7ème ordinaire et poursuivent, comme tous les autres élèves.

S’ils sont en échec, ils ne peuvent redoubler car ils passeraient cinq ans au cycle, ce que le bon sens - et le règlement - suggèrent d’éviter.

 

L’initiative exclut les élèves les plus faibles et les met à l’écart dans une structure spécifique dont elle ne dit pas si ou à quelles conditions ils pourraient en sortir ni ne définit les débouchés auxquels elle mène.

Faux !

Après l’année de transition, l’élève est orienté dans un niveau de 7ème comme tout autre élève promu du primaire et poursuit en 8ème et en 9ème dans l’une des six filières, avec les autres élèves.

 

L’initiative implique des investissements dans les infrastructures scolaires.

Faux !

L’application de l’initiative 134 n’implique en aucune manière des infrastructures ou des bâtiments scolaires supplémentaires, car elle ne demande pas davantage de classes, mais une répartition différente des élèves.

Selon les statistiques officielles (note du SRED n° 26), les effectifs du Cycle resteront stables jusqu’en 2025. Nul besoin donc de prévoir des constructions nouvelles.

 

L’initiative implique des structures administratives supplémentaires.

Faux !

L’initiative 134 ne demande rien d’autre que l’application de l’article 54 de la Loi sur l’instruction publique sur le soutien pédagogique, qui existe déjà !

En revanche, le système de passerelles prévu par le contreprojet sera extrêmement coûteux pour les contribuables, et éprouvant pour les élèves qui seront ballottés ici et là par l’illusoire litanie du «tout est possible tout le temps» !

 

L’initiative marginalise notre canton dans le processus d’harmonisation en cours au niveau romand.

Faux !

La structure prévue par l’initiative 134 n’est en contradiction ni avec le PER, plan d’étude romand, ni avec le Concordat Harmos. Preuve en est l’acceptation de l’initiative par la Commission législative du Grand Conseil.

 

L’initiative prévoit une première année trop chargée. (…) La préorientation proposée revient à rajouter onze autres branches aux disciplines fondamentales.

Faux !

L’initiative 134 ne change rien à l’ensemble des enseignements qui sont dispensés actuellement en 7ème. Et même elle en réduit le nombre, car l’étude du latin commencera seulement en huitième !

Les programmes seront les mêmes dans les quatre niveaux de 7ème afin de permettre les transferts le plus harmonieusement possible. La différence d’un niveau à l’autre résidera dans les exigences, non dans les contenus.

La sensibilisation aux filières qui est prévue au deuxième semestre de la 7ème sous une forme à définir par le règlement n’alourdira en aucun cas la charge de l’élève.

Alors que le «latin pour tous», envisagé par le contreprojet, serait un poids supplémentaire énorme pour une bonne partie des élèves !

 

L’initiative n’est pas en adéquation avec les filières professionnelles de l’enseignement postobligatoire.

Faux !

Les filières d’orientation préprofessionnelle de l’initiative 134 s’accordent très bien avec les sept pôles prévus par la Loi sur la formation professionnelle votée le 25 janvier 2008, comme le tableau ci-dessous le montre :

Les filières préprofessionnelles
de l’initiative 134
Pôles de formation selon loi 10036
du 25 janvier 2008
Filière d’orientation vers les professions commerciales, administratives, de la santé et du social.
  • Commerce
  • Services et hôtellerie/restauration
  • Santé et social
Filière d’orientation vers les professions techniques et informatiques.
  • Technique
  • Arts appliqués
  • Nature et environnement
Filière d’orientation vers les arts et métiers.
  • Services et hôtellerie/restauration
  • Construction
  • Nature et environnement
  • Arts appliqués

D’autre part, l’adéquation avec les exigences des écoles du postobligatoire est évidente pour ces trois filières et les trois autres : Littéraire, Scientifique et Langues vivantes.

 

L’initiative 134 prévoit dans une même filière l’accès à des formations aux exigences différentes.

Faux !

Les filières préprofessionnelles de l’initiative préparent les élèves à des formations qui s’appuient sur un même socle de connaissances.

La tâche de transmettre les éléments pointus de chaque formation revient au postobligatoire, le Cycle devant rester une école de culture générale qui oriente vers les voies de formation spécialisées.

Le contreprojet fait reposer la définition de ses sections sur la destination et non sur les enseignements. Floues dans leur contenu et hétérogènes dans leur organisation, ces sections trompent les élèves sur leurs réelles possibilités à l’issue de la scolarité obligatoire. C’est la reconduction assurée de la situation actuelle, qui est catastrophique, comme tout le monde l’a admis, de gauche à droite.

 

L’absence de perspectives pour les élèves les plus faibles contraindrait aussi le DIP à créer de nouvelles structures pour intégrer ces élèves à l’issue de leur parcours au cycle d’orientation et leur offrir des débouchés professionnels.

Faux !

Les formations menant aux attestations fédérales existent et seront accessibles aux élèves les plus faibles.

Cependant, l’initiative 134 offre à ces élèves, en amont, une chance concrète de combler leurs lacunes pendant l’année de transition et d’entrer en 7ème par la grande porte !

 

Pour le Réseau REEL
Rita Bichsel
6 novembre 2008