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| Par Pierre Weiss Noter le comportement à l’école genevoise ? Voilà qui devrait aller de soi, dans un monde où les jeunes sont en quête de repères. Et qui a l’avantage d’ouvrir un débat d’abord sur l’efficacité de cette mesure, ensuite sur le cercle des personnes concernées, enfin sur le recours à l’instrument de l’initiative. Car voilà qui fait défaut pour les élèves de l’école publique obligatoire du canton de Genève.
L’Association refaire l’école (ARLE) s’est donc trouvé un cheval de bataille qui ne demandait qu’à être monté. La voilà lançant une initiative populaire pour introduire une note de comportement dès la 3ème année primaire, inscrite dans le carnet scolaire et déterminante lorsque la promotion de l’élève est sur le ballant. Et, du même coup, trois signaux. D’abord un rappel de son existence, voire de son influence. Les citoyens n’ont pas oublié que le retour des notes évaluant les résultats de l’élève lui est dû. Ce qui devrait être d’autant plus utile à la récolte de signatures que la portée de cette initiative est davantage de l’ordre du symbole. Ensuite et surtout un appel à la restauration de l’autorité. Mais l’autorité est un concept dont, depuis les (Jean…) Romains, la double nature est évidente : auctoritas, le rapport de compétence, et potestas, le rapport de force. Car l’autorité n’est jamais naturelle, elle se construit dans une relation où l’élève se rend compte du savoir comme du charisme de son enseignant. Qui n’aura besoin qu’en dernier recours de la force, pour ne pas évoquer les sévices du passé. Le mauvais carnet témoignera ainsi de l’échec de la relation d’autorité établie avec l’élève. Autant dire qu’il sera bon dans la règle. Relation. C’est en l’occurrence le mot-clé. Car deux autres acteurs au moins sont impliqués par l’existence de l’élève : l’enseignant et le parent. Le premier fait l’objet d’une évaluation périodique par ses supérieurs. Il va donc de soi que la note de l’élève ne pourra être donnée par un enseignant en bermuda, marcel et santiag dès le retour du printemps ! Mais le parent – de préférence les parents – est aussi placé face à sa responsabilité de montrer à son enfant la valeur qu’il accorde au savoir et à l’école, modèle réduit de la société. Et donc le respect qu’elle mérite. A noter – c’est le cas de l’écrire… - que le comportement défaillant des parents doit aussi être sanctionné. C’est pour ces raisons que la notation du comportement, verbalement présent dans les carnets scolaires actuels, est certes partielle mais utile, pour la majorité des élèves. Comme est utile le test de l’initiative populaire auquel s’est soumis l’ARLE. Un projet de loi, c’aurait été si facile. Une initiative, c’est autrement plus exigeant en terme d’effort. Voilà le troisième signal, qui n’est pas le moindre mérite de ses auteurs. Ce texte a été publié sur le blog de son auteur Pierre Weiss. |


