|
|
«Zizi sexuel»: zizanie précoce sur l’exposition de ZepL’ARLE accuse l’Etat d’empiéter sur le domaine intime. Tout faux, rétorque le DIP.in Tribune de Genève, 17 mars 2009 «Comme pour toute activité avec des mineurs, l’autorisation des parents sera demandée pour emmener les jeunes à cette exposition.» Secrétaire adjointe à l’instruction publique, May Piaget a passé une partie de la journée d’hier à répéter cette phrase aux médias, alertés par une lettre ouverte de l’Association Refaire l’école (ARLE). La missive accusait le Département de rendre obligatoire la visite de «Zizi sexuel, l’expo». Après la Cité des sciences de Paris, où elle a fait un tabac, cette installation du bédéiste genevois Zep et de sa compagne Hélène Bruller débarquera à Palexpo du 2 avril au 28 juin. Toutes les classes de 5e, 6e et 7e la visiteront. «On peut certes juger notre démarche prématurée, admet le président de l’association, Marc Fischer. Mais nous étions dans le flou. Encore une fois, il faut exiger l’information pour l’obtenir.» Malaise plus large La critique de l’ARLE dépasse toutefois la seule autorisation parentale. «L’Etat n’est pas dans son rôle quand il se propose d’orienter l’intimité des jeunes, ou de les décomplexer, puisque c’est le but avoué de l’exposition, poursuit Marc Fischer. Quand des images pornographiques circulent entre jeunes, quand on voit certaines tenues ou qu’on entend certains propos, on peut se demander si c’est opportun.» L’ARLE n’est pas seule à se poser des questions. Selon la Société pédagogique genevoise (SPG), la question de l’autorisation parentale est réglée puisque le formulaire ad hoc est parvenu dans les écoles la semaine dernière. En revanche, l’obligation générale faite aux classes de visiter l’exposition a été ressentie comme «un ordre de marche inédit, et pas forcément adéquat», selon Olivier Baud, président de la SPG. «On demande toujours plus à l’école, sans lui donner les moyens», déplore-t-il. La levée de boucliers n’est pas massive, mais certains maîtres s’insurgent bel et bien. Deux enseignantes de 6e primaire ont ainsi écrit une lettre au département. Elles relèvent que la visite prendra du temps, à quelques jours des épreuves cantonales. Qu’un programme «Histoire de la vie» est déjà dispensé au cours de la scolarité primaire. Que certains élèves s’avèrent précoces et d’autres immatures: les enseignants ne se sentent pas formés pour gérer leurs réactions suite à cette visite. Sur ce dernier point, le département rassure: les enseignants ne doivent qu’assurer le transfert des élèves entre l’école et Palexpo; ils ne sont pas tenus de visiter l’exposition avec eux. Sur demande, ils seront accompagnés de spécialistes du Service de santé de la jeunesse. L’exposition fera l’objet d’une conférence de presse ce matin. |


