La supercherie du DIP 1. Les pseudo-notes
Le contreprojet dit (art. 26, al. 6) : " Aux cycles moyens 1 et 2, les évaluations trimestrielles du travail personnel de l'élève ainsi que le bilan de fin de cycle font l'objet de commentaires et d'appréciations traduites en notes entières, allant de 1 à 6 ; celles-ci ne donnent pas lieu à des moyennes. "
Actuellement, les instituteurs des écoles non rénovées notent des travaux, récitations et épreuves, et aboutissent à des moyennes trimestrielles (par exemple, avec 3 travaux de français, un en grammaire, un en orthographe et un en vocabulaire, on obtient une moyenne de français technique, dit " français 2 ", qui atteste du niveau atteint).
Avec le contreprojet du DIP, cette pratique sera interdite ! Pendant 4 années déterminantes de l'école primaire (de la 3e à la 6e), aucun travail ne sera plus noté, donc aucune moyenne ne donnera lieu à une certification réelle.
Resteront une poignée d'épreuves cantonales déclarées certificatives (selon quels critères ?), une seule fois tous les deux ans (fin de 4e et de 6e), mais "leurs résultats seront intégrés au bilan de fin de cycle." (art 26 al. 7). Ainsi elles seront noyées dans les commentaires et les appréciations. Non seulement elles ne serviront à rien, mais elles ne pourront être qu'arbitraires, car il est inéquitable et absurde de juger du niveau réel d'un élève sur une seule épreuve.
Les pseudo-notes du contreprojet sont des appréciations de la progression de l'élève, en aucun cas de son niveau ; elles devraient pourtant être "traduites" (comment ? selon quels critères ?) en "notes" au trimestre.
A l'évidence, les pseudo-notes du contreprojet n'ont donc rien à voir avec l'évaluation certificative, chiffrée et continue demandée par les 28'000 citoyens signataires de l'initiative sur le maintien des notes à l'école primaire.
2. Le prolongement de cycle Pour les élèves en échec en fin de cycle, le DIP propose une "prolongation de cycle" : " l'année supplémentaire doit être prioritairement ciblée sur les difficultés de l'élève et leur remédiation, tout en lui offrant la possibilité de progresser dans les autres disciplines. " (page 16-4.2 de l'exposé des motifs)
L'élève devrait donc rattraper ses lacunes, tout en continuant d'avancer dans les branches où il serait à niveau. Comment organiser cela ? Pas un mot là-dessus dans le contreprojet ou son argumentaire. Et sur les moyens financiers supplémentaires nécessaires à cette individualisation des cursus scolaires, il n'y a rien non plus ; sauf que, par ailleurs, la SPG (le syndicat des instituteurs genevois) clame à tous vents qu'il faut davantage de moyens !