À l'école, " les notes ont le mérite de la clarté "
interview de Jacques FOLLONIER, président de la Commission de l'enseignement du Grand Conseil genevois, in Le Temps - lundi 24 mars 2003.
L'Association Refaire récole (ARLE), qui a lancé une initiative pour le maintien des notes à l'école dont la récolte de signatures arrive à échéance le 23 mai prochain, vient de recevoir le soutien du Parti radical genevois. Son comité directeur a en effet décidé à l'unanimité, la semaine dernière, d'appuyer la démarche d'ARLE. Nouveau président de la Commission de l'enseignement et de l'éducation du Grand Conseil genevois, le député radical Jacques Follonier livre sa réflexion sur les réformes ainsi que les notes à l'école.
- Le Temps : Votre parti soutient l'initiative d'ARLE. Quelles en sont les raisons
- Jacques Follonier : Aujourd'hui, les évaluations semestrielles sont une aberration. Le jugement reste flou et teinté de compromis dont l'élève sait tirer profit. Les notes ont le mérite de la clarté et apparaissent comme la méthode la plus efficace, notamment dans un contexte multiculturel comme Genève où tout le monde ne maîtrise pas, sur un plan linguistique, les explications figurant dans les évaluations écrites.
- N'avez-vous pas l'impression de défendre un modèle d'école dépassé ?
- Non, ceux qui plaident pour le maintien des notes ne défendent pas un modèle d'école d'hier. C'est un cliché trop facile. La présente dispute illustre tout à fait le dysfonctionnement entre ceux qui rêvent l'école et ceux qui la pratiquent
- Êtes-vous aussi critique qu'ARLE au sujet des réformes entreprises, notamment au primaire ?
- La communication par rapport aux réformes entre le Département de l'instruction publique et les enseignants ainsi qu'entre ces derniers et les parents a été très lacunaire. Du coup, ces réformes laissent une large place à la suspicion et entretiennent un flou dont chacun tente de tirer profit. Chacun mène ainsi sa propre réforme. D'une manière générale, on a voulu aller trop vite, on a vu trop grand. Il est temps de redimensionner les réformes de façon plus raisonnable.
- Vous semblez aussi vous insurger contre les cycles de quatre ans prévus dans la réforme du primaire...
- Les deux cycles de quatre ans, voilà encore une idée ahurissante. Ils posent un gros problème par rapport au redoublement. Et je ne comprends pas vraiment la philosophie de ces cycles censés permettre à chacun d'évoluer à son rythme. Si, en fin d'un cycle, un élève n'a pas acquis les connaissances requises, que se passe-t-il ? J'aimerais le savoir.
- L'école doit-elle avant tout socialiser ou transmettre des connaissances ?
- Selon les vux d'une majorité de parents, le but premier est de transmettre des connaissances. Une chose est sûre : ce n'est pas aux enseignants de se mêler d'éducation, c'est le rôle de la famille.
Propos recueillis par
Stéphane Bussard
© Le Temps