Une rentrée scolaire sous le signe de l'aberration.

Conférence de presse du 31 août 2005
 

 

Deux aspects : politique, pédagogique

 

L'aspect politique.

- Un prétexte

Sous prétexte d'uniformiser et d'harmoniser l'école, Monsieur Beer prend une décision à la hâte et dans l'urgence.

- Un coup d'éclat préélectoral

Monsieur Beer est un politicien mais non pas un pédagogue. En période préélectorale, il tente une action médiatique.

- Le contre-projet du Conseil d'Etat : un projet gelé.

La Commission de l'Enseignement du Grand Conseil n'est pas rentrée en matière sur le contre-projet du Conseil d'Etat et a choisi celui de l'Entente.

C'est sur ce projet que vraisemblablement le Grand Conseil devra se prononcer.

- Inutile et coûteux

Ce projet devra entièrement être revu en fonction du résultat de la votation prochaine.

En attendant, sa mise en place coûte au contribuable plus de 850 mille francs.

- Un choix de " Normand ", une ratatouille pédagogique.

En espérant contenter tout le monde, M.Beer opte pour un mélange illégitime entre 2 visions de l'école qui s'opposent au lieu d'attendre le choix de la décision populaire.

- Genève s'isole

Ce système n'existe nulle part ailleurs dans le monde, Genève l'invente pour la circonstance. Dans le canton de Vaud, Madame Lyon a su faire le choix des travaux notés et des moyennes dans les différentes disciplines (dès la 5 primaire)

 

L'aspect pédagogique.

- Des vraies notes

Les vraies notes réclamées par les citoyens sont celles qui évaluent les acquis de l'élève et renseignent clairement les parents. Elles sont issues de moyennes objectives.

- Les fausses notes de M. Beer

Les prétendues notes de M. Beer sont un leurre. Ce sont des appréciations sur la progression de l'élève, traduites trimestriellement en chiffres. Les vraies notes, celles auxquelles tout le monde pense, n'apparaissent que tous les 2 ans.

- Les parents perdent tout contrôle fiable

Les parents ne pourront plus se référer à des travaux notés ni consulter des barèmes s'y référant.

Ils devront faire largement confiance au seul " jugement professionnel des enseignants ".

- Des informations aux parents réduites à une peau de chagrin

3 livrets scolaires par année au lieu de 6

Des appréciations fondées sur 4 items au lieu de 12 et on prétend que l'information est plus régulière et plus complète ! Encore une tromperie.

- Des situations aberrantes

Exemples.

1. Imaginez un élève qui a des difficultés scolaires mais qui fait des efforts louables. Chaque trimestre sa progression sera jugée satisfaisante, et ceci pendant 2 ans. Et pourtant, il se pourra que l'on dise aux parents, à la fin du cycle, au bout de ces 2 ans, que malgré cette progression satisfaisante leur enfant n'a pas atteint les objectifs et que ses acquis ne sont pas suffisants. Imaginons même que cela soit corroboré par les épreuves cantonales où il obtiendrait 2 ou 3.

2. A l'inverse, un enfant qui aura été jugé peu satisfaisant pendant 2 ans par son instituteur et qui, oh surprise, obtient des 4 ou 5 aux épreuves cantonales (rien d'étonnant au vu des exigences de celles-ci, les résultats cantonaux de ces dernières années sont de l'ordre de 80 à 90 % de réussite. Eh bien l'enseignant devra (dixit Mme Th. Guerrier, directrice de l'Enseignement Primaire) reprendre et vérifier toute son évaluation antérieure (depuis 2 ans !) pour bien voir si son jugement est correct et au besoin corriger! L'instituteur a sinon 1 mois pour argumenter que c'est l'épreuve cantonale qui n'est pas adaptée!

3. Enfin cet exemple qui montre qu'un bon élève peut être moins bien évalué que celui qui progresse sans être à niveau.

" Denise, qui commet 3 fautes lundi à une dictée à côté de Thomas qui en fait 42, fait encore 3 fautes vendredi à un autre test alors que Thomas n'en fait plus que 32. Le progrès de Thomas est sidérant alors que celui de Denise est nul. Il faut une note qui dise qu'il est mieux, quel que soit le cas de figure, de faire trois fautes plutôt que trente-deux, et il faut par ailleurs un encouragement très vigoureux pour Thomas, qui a progressé mais qui reste cependant un mauvais élève en dictée. "

- Un système incompréhensible

Ce système, introduit au forceps, est si difficile à s'approprier qu'il nécessite de former à la hâte les enseignants, et ceci après sa mise en vigueur. Le "bidouillage " de chacun d'eux entraînera une multitude de pratiques.

- Quelques témoignages sur le désarroi des enseignants.

- Lutter contre l'échec scolaire, ce n'est pas le cacher.

 

Rappel :

En novembre 2003, érasm, institut indépendant, déclarait dans son étude:

84% (75% des enseignants primaires) des enseignants sont en désaccord avec l'affirmation selon laquelle les changements permettront de réduire l'échec scolaire.