C’est sur l’air du « Tout va très bien… » que le directeur de l’enseignement primaire genevois, Monsieur Didier Salamin, nous joue son couplet sur l’école primaire (Le Temps du 14 février). Tout va très bien dans notre école, circulez, il n’y a pas lieu d’ergoter sur les « vraies » et « fausses » notes. Nous avons mis l’élève au centre, nous avons informé, nous avons agi, nous avons réglementé. D’ailleurs, assure-t-il, parents et corps enseignant s’entendent sur la merveilleuse manière dont nous gérons l’école primaire.Ecole genevoise: tout va très bien?
par André Duval in Le Temps, 17 février 2006 (en italique : passages coupés par la rédaction du journal)
La réalité est tout autre car, voyez-vous, « on déplore un tout petit rien, un incident, une bêtise » : il se trouve que notre école primaire ne fait pas correctement ce qu’elle doit faire, apprendre à lire, à écrire, à compter à tous les jeunes élèves qui lui sont confié. Elle le fait mal depuis que les nouvelles pédagogies entendent former sans former, apprendre sans apprendre, et évaluer sans évaluer. Mais, rétorque le directeur, nous avons justement une première évaluation, six mois après l’entrée en vigueur du nouveau règlement ! Et, ô surprise, les membres de la Conférence de l’enseignement primaire (directeurs, inspecteurs, syndicat et parents) sont satisfaits et apportent leur soutien !
Soyons sérieux, qui va croire que cette Conférence est représentative de ce que veut Genève pour son école primaire ? Une SPG qui ne représente qu’elle-même, un GAPP guère plus original, et des cadres du DIP le doigt sur la couture du pantalon.
En réalité, le nouveau système d’évaluation est incapable de tester clairement ce que vaut un élève par rapport à des objectifs précis pour la simple raison que ces objectifs précis n’existent pas. Lorsque M. Olivier Baud, président de la SPG, martèle que lire, écrire et compter ne sont pas les objectifs de l’école primaire mais que celle-ci doit se contenter d’éduquer, il n’énonce pas là un vague projet ni même un idéal, mais bel et bien la triste réalité de notre école. Il n’existe pas d’objectifs clairs et distincts sur lesquels chaque enseignant aurait à se régler ! On peut bien le prétendre mais c’est de la poudre aux yeux ! Les objectifs officiels sont formulés dans un tel jargon que chacun les interprète à sa façon. Résultat : chaque enseignant fait ce qu’il veut, quand il veut, comme il veut. Dans sa classe, il exécute son programme personnel, comme bon lui semble… Voilà la réalité de notre école.
Mais « Tout va très bien Madame la marquise ! » On ne voit pas sur quoi on se chicane encore à Genève ! C’est pourtant clair si on écoute les citoyens : ce que veut tout Genève ce sont des notes certificatives, des moyennes et des possibilités de redoubler pour acquérir ce qu’on n’a pas acquis. Tout le reste n’est que billevesée et manœuvre politicienne.
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