Ecole: la droite impose les notes Paru dans Le Matin du 22 novembre 2005 PROJET Moyennes et livrets scolaires dès la 3e primaire
par FRÉDÉRIC JULLIARD, 21 novembre 2005
Majoritaire au Parlement genevois, la droite a décidé d'imposer ses vues en matière d'éducation. La Commission de l'enseignement vient de voter un texte qui fixe des règles précises pour l'école primaire: les notes chiffrées (de 1 à 6), les moyennes par branche et les livrets scolaires seront généralisés dès la 3e année. Ce n'est pas tout: les élèves devront obtenir au moins 4 sur 6 en français et en maths pour être promus. Enfin, toute innovation pédagogique sera soumise au Parlement!
Ces propositions doivent encore être avalisées par le Grand Conseil. Ensuite, elles seront soumises au peuple. Les Genevois auront donc le choix entre ce contre-projet de droite et l'initiative de l'Association Refaire l'école (ARLE). Deux textes assez proches, puisqu'ils demandent tous deux la généralisation des notes... Du coup, le système mis en place par le chef de l'Instruction publique, Charles Beer, qui réintroduit partiellement les notes, serait jeté aux oubliettes!
«Nous voulons de vraies notes à chaque épreuve, plus seulement à la fin du trimestre comme c'est le cas aujourd'hui, explique le radical Jacques Follonier, membre de la Commission de l'enseignement. Grâce aux moyennes par branche et aux livrets, les parents sauront clairement où en est leur enfant. Cela les rassurera.»
«Charles Beer est en train de mettre de l'ordre»
S'estimant placée devant le fait accompli, la gauche fulmine: «Au lieu d'accepter le compromis équilibré du Conseil d'Etat, la droite passe en force en imposant des règles beaucoup trop rigides, estime le socialiste Christian Brunier, lui aussi membre de la commission. Exiger la moyenne dans les branches principales, c'est bien joli, mais que fera-t-on des 800 à 1000 enfants que cela laissera chaque année sur le carreau?» Christian Brunier admet que les réformes pédagogiques doivent être clarifiées. «Mais Charles Beer est justement en train de mettre de l'ordre. Il faut le laisser travailler.»
Le Grand Conseil examinera le contre-projet au début de 2006, avant de le soumettre au peuple, en même temps que l'initiative ARLE. «Si le Parlement ne modifie pas ce texte, nous recommanderons le double non», avertit Christian Brunier.
repris de http://www.lematin.ch/nwmatinhome/nwmatinheadactu/actu_suisse/ecole__la_droite_impose.html
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