par PHILIPPE BACHNOTES À L'ÉCOLE - La commission de l'enseignement a verrouillé son contre-projet à l'initiative sur les notes lancée par l'Association refaire l'école (Arle).
La nouvelle était passée un peu inaperçue. Mais Radio Lac l'a annoncé vendredi et Le Matin a repris la nouvelle hier: la commission de l'enseignement du Grand Conseil genevois a procédé il y a trois semaines au vote final du contre-projet de l'Entente à l'initiative dite du retour des notes à l'école.Déposée par l'Association refaire l'école (Arle), l'initiative a récolté quelque 28000 signatures. Le Conseil d'Etat, soucieux de maintenir les acquis de la réforme du primaire menacés par ce texte, a alors initié une large procédure de consultation. Avec, à l'arrivée, le dépôt d'un contre-projet visant au maintien des principes de la réforme, tout en réintroduisant des notes non certificatives.
Une proposition tout simplement blackboulée par la droite parlementaire, qui a refusé d'entrer en matière sur ce projet de loi. Celui-ci n'a donc même pas été examiné. L'Entente (libéraux, radicaux et démocrates-chrétiens) alliés aux udécistes ont préféré concocter un contre-projet maison. C'est donc ce dernier qui a été voté et qui sera proposé comme alternative à l'initiative de l'Arle.
Notes certificatives
A l'arrivée, les tenants de la ligne dure ont emporté le morceau. Le projet de loi prévoit des notes certificatives sur toutes les épreuves, avec des moyennes par trimestre. Pour passer d'un cycle scolaire à l'autre[1] ou pour entrer au Cycle d'orientation, il faudra obtenir la note de 4 en maths et dans les deux branches du français.
Si les moyennes ne sont pas atteintes, il sera possible de faire passer un élève par voie dérogatoire. Mais l'inverse est possible également. Un élève en grande difficulté pourra ainsi redoubler au milieu de cycle, au terme de la 1reprimaire par exemple, explique Jacques Follonier, député radical, qui rédigera le rapport de majorité.
Ces passages seront décidés par le Département de l'instruction publique (DIP). «Dans notre esprits, si on décide de faire passer de la sorte un élève, cela permet de réagir et de lui fournir de l'appui», explique M.Follonier. Charge au DIP de trouver les moyens, via une réaffectation interne des priorités, pour financer cette aide complémentaire aux élèves en difficulté.
Evaluation des établissements
Enfin, la loi maintient également une disposition controversée: l'évaluation du système et des établissements scolaires. «Je n'y vois aucune raison de polémiquer, se défend M.Follonier, cela permettra de repérer les établissements qui ont besoin de moyens supplémentaires.»
Pourtant, à gauche, tant les Verts que les socialistes dénoncent «un coup de force de la droite», selon les mots de Christian Brunier, député socialiste. «Nous avons calculé que quelque 800 à 1000 élèves resteraient sur le carreau si l'on applique tel quel le projet de loi.»
Le ton est également très critique du côté de la Société pédagogique genevoise où Olivier Baud, son président, relève que pour un contre-projet censé apporter davantage de lisibilité au système scolaire la droite a, selon lui, surtout contribué à le rendre plus incohérent.
Une manière de voir que partagent certains députés de droite, à l'instar de la libérale Janine Hagmann, notoirement favorable à la réforme, qui confie ses doutes quant à la pertinence de la copie rendue par la commission de l'enseignement, «alors qu'avec un peu de bonne volonté un consensus était possible». I
[1]Les cycle sont de deux ans: 1re et 2e primaire; 3e et 4e primaire; 5e et 6e primaire.
repris de http://www.lecourrier.ch/modules.php?op=modload&name=NewsPaper&file=article&sid=40461
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