Lendemain de victoire dans les journaux...


Tribune de Genève, le 25 septembre 2006

Les Genevois plébiscitent le retour des notes

 . 75,7% des votants acceptent l’initiative de l’ARLE. Le contreprojet recueille 57,6% des voix.
 . Les partisans des notes saluent l’aube d’une «ère nouvelle». L’Entente enregistre sa victoire avec satisfaction.
 . Le Département va plancher sur un nouveau règlement. Les notes entreront en vigueur en août 2007.

Marc Bretton
Les partisans des notes ont remporté une victoire écrasante. Presque 76% des Genevois ont accepté l'initiative de l'Association Refaire l'école (ARLE). Ils ont accepté également, mais dans une moindre mesure, le contreprojet soutenu par l'Entente, l'UDC et le MCG. La messe est dite: les fameuses notes certificatives accompagnées des moyennes seront au rendez-vous de la rentrée 2007.

Pour les vainqueurs, la victoire est gouleyante comme un bon vin. Jean Romain, porte-parole de l'ARLE, la déguste en évoquant avec gourmandise «le début d'une ère nouvelle». Selon lui, «en Suisse romande et en France, c'est désormais une école humaniste fondée sur le mérite et la fermeté qui se met en place». (...)


Duval: «un signal clair»

André Duval, vous présidez l'Arle. Aujourd'hui, vous triomphez ?
C'est une grande victoire, mais ce n'est pas celle de l'Arle. C'est la victoire du bon sens, de l'école. Le coup de bluff du DIP, qui a modifié le règlement à la rentrée 2005, s'est retourné contre lui. Les gens ne sont pas aussi naïfs que cela. Ils se sont aperçus que le système introduit par Charles Beer était flou.

Quelle est la suite du programme pour l'Arle ?
Un tel résultat est un signal clair pour le DIP, la SPG (le syndicat des enseignants) et le GAPP (l'association faîtière des parents), qui doivent en tirer les conséquences et faire leur examen de conscience. Nous veillerons à ce que l'esprit de la volonté populaire soit présent au sein des instances du DIP.

Qu'avez-vous à dire aux enseignants déçus du résultat ?
Qu'il y a de la place pour eux dans l'école de demain. Mais ma crainte est de constater que les plus déçus sont les plus jeunes, frais émoulus de la Faculté des sciences de l'éducation, où ils ont été endoctrinés.

Comment comptez-vous travailler avec le Département ?
Contrairement au contre-projet, notre initiative laisse passablement de portes ouvertes. Les normes de promotion, par exemple, seront fixées par le règlement.Et nous nous bornons à demander que le passage d'une année à l'autre ne pas automatique. Cela permet de mettre en place toute une série de mesures d'appui avant d'en arriver au redoublement. Nous sommes ouverts à y travailler.


Beer appliquera l’esprit et la lettre de l’initiative de l’ARLE

MARC BRETTON ET JÉRÔME FAAS
L'initiative de l'ARLE a été acceptée massivement. Qu'allez-vous faire ?
Elle sera appliquée dans toutes les écoles, sans aucune dérogation, dès le 27août 2007. D'ici là, nous allons négocier le règlement d'application, notamment avec les initiants.

De quelle marge de manœuvre disposerez-vous dans ces discussions ?
L'initiative ne parle que de notes, mais pas de moyennes. Le Conseil d'Eta retiendra pourtant la logique des moyennes parce qu'elle figure dans tous les argumentaires de l'ARLE.

Les vrais enjeux porteront sur les conditions de promotion et les degrés. Nous devrons discuter des aménagements possibles avec les initiants. Un découpage par années empêche en effet toute notion de cycle, ce qui est gênant dans le cadre de l'harmonisation romande. (...)



Le Temps, le 25 septembre 2006

GENEVE. Les Genevois ont plébiscité à 75,6% l'initiative de l'Association refaire l'école. Selon le ministre socialiste Charles Beer, patron de l'Ecole, les notes et moyennes seront réintroduites dès la rentrée 2007.

Cynthia Gani

L'école primaire genevoise ne tourne plus rond, et il faut que ça change. En plébiscitant à 75,6% l'initiative de l'Association refaire l'école (Arle) «pour le maintien des notes à l'école», les citoyens ont manifesté leur besoin de repères, de clarté et de rigueur. Ils ont aussi accepté le contre-projet de la droite à 58%, en manifestant leur préférence pour le texte plus simple de l'initiative. Pour dire leur mécontentement vis-à-vis de l'école, ils se sont largement mobilisés: le taux de participation s'est élevé à 54,7%.

Les notes dès la rentrée 2007

Pour le conseiller d'Etat socialiste Charles Beer, c'est un désaveu. Même si le patron du Département de l'Instruction publique (DIP) s'attendait au succès de l'Arle. Sereinement, il a pris acte de la décision du peuple, qui a désavoué le compromis scolaire mis en place par le DIP à la rentrée 2005: la réintroduction de certaines notes, pas certificatives, mais traduisant la progression des élèves. «La solution appliquée en 2005 a été jugée insuffisante. C'est un échec.»

L'école primaire sera donc chamboulée. Et vite. Dimanche, Charles Beer s'est engagé à appliquer l'initiative de l'Arle «dans toutes les écoles dès le 27août 2007, sans aucune dérogation». Autrement dit, à la rentrée, les notes et les moyennes feront leur retour. (...)

«Mon compromis était insuffisant»

Sandra Moro
Le Temps: Comment ressentez-vous la décision des Genevois, qui ont balayé votre compromis sur les notes, au profit du texte de l'Arle ?

Charles Beer: Le peuple a marqué son attachement à l'école publique et à un enseignement traditionnel avec des degrés, des notes, et des moyennes. Le système d'évaluation introduit en 2005 a été jugé insuffisant, j'en prends acte. Je suis un démocrate et à ce titre, je suis content que les citoyens se soient prononcés.

- Cela sonne-t-il le glas des réformes ?

- Non. Ce vote dénote la volonté des citoyens de voir les réformes associées à un système d'évaluation clair. Il signale aussi que l'on ne pourra plus lancer de grandes réformes sans consulter le peuple.

- Dans quelles conditions l'initiative sera-t-elle mise en œuvre ?

- Dès le 27 août prochain, les moyennes seront réintroduites dans toutes les écoles du canton. Un règlement d'application sera élaboré avec les partenaires de l'école et les initiants. Il faudra notamment préciser les choses au sujet des conditions de passage et des cycles d'apprentissage. (...)



Le Courrier, le 25 septembre 2006

Raz-de-marée pour le retour des notes

PHILIPPE BACH
ÉCOLE PRIMAIRE GENEVOISE - L'initiative de l'Arle a obtenu un score historique: 76% de Genevois-es ont soutenu ce texte. Le contre-projet de l'Entente bourgeoise, élargie à l'UDC, obtient une large majorité mais le peuple lui préfère l'initiative.

Une Berezina, selon les intervenants les plus remontés, un dimanche historique, pour les voix plus modérées. L'initiative de l'Association refaire l'école (Arle) a été acceptée hier par 76% des Genevois-e-s (soit 90352 «oui» contre 28953 «non»).
 

Un score écrasant, donc. L'initiative de l'Arle dépasse les 60% dans tous les arrondissements électoraux, qu'il s'agisse de la Ville de Genève ou de la campagne. En revanche, un clivage gauche-droite subsiste au niveau des taux d'acceptation. Il n'est «que» de 61% aux Pâquis, contre 87% à Cologny, pour prendre les extrêmes. Mais, même en Ville, la somme des arrondissements place le «oui» à 72%.

On relève également que la gauche a «perdu» les villes périurbaines qui votent parfois progressiste: des urnes de Lancy, Vernier, Meyrin ou Versoix sortent des scores supérieurs à la moyenne cantonale. Il est bien possible que l'Arle ait su capter et capitaliser sur les angoisses d'une classe moyenne déstabilisée par la crise économique.

La carte de l'apaisement

Les résultats sont en revanche davantage conformes au clivage gauche-droite pour ce qui est du contre-projet que le Parti libéral était parvenu à imposer au bloc bourgeois. Il est ainsi repoussé dans les arrondissements rouges de la Ville (Cluse-Roseraie, Mail-Jonction ou Pâquis), qui refusent ce texte avec des taux aux alentours de 55% de «non». Reste que, là aussi, les villes périurbaines se singularisent en acceptant toutes – parfois de justesse – le contre-projet.

Enfin, on remarque que l'initiative de l'Arle obtient une large préférence par rapport au contre-projet au niveau de la question subsidiaire (57% contre 43%).On observe toutefois une préférence pour le contre-projet dans les communes traditionnellement les plus ancrées à droite comme Cologny, Vandoeuvres ou Corsier.

Du côté des initiants, le ton était au triomphe hier dans la salle des Pas-Perdus de l'Hôtel-de-Ville. «J'attends ce jour depuis quinze ans.» André Duval, président de l'Arle, souffle le chaud et le froid. Vis-à-vis de l'autorité et plus particulièrement du chef du Département de l'instruction publique (DIP) Charles Beer, il joue la carte de l'apaisement. «M. Beer respectera la volonté populaire et saura rebondir en tirant profit de ce vote.»

En revanche, le ton se veut plus revendicatif lorsqu'il évoque la direction du DIP, qui a clairement défendu la réforme scolaire. S'il ne va pas jusqu'à demander que des têtes tombent, il estime que «certains cadres du département ou inspecteurs d'école devront faire un examen de conscience et se faire plus discrets.» Et d'estimer que la voix représentée par l'Arle devra être prise encompte et intégrée au niveau de l'administration.

Enfin, admet M. Duval, la jeune génération des instituteurs et institutrices est celle qui défend le plus les principes de la réforme ; ne vont-ils pas être démotivés ? «Cette génération d'enseignants a été endoctrinée, et je pèse mes mots, lors de son passage à la faculté des sciences de l'éducation.» D'où sa question s'il ne vaudrait pas mieux confier la formation d'enseignants du primaire à une Haute école spécialisée en pédagogie (HEP).

Triomphe prudent de la droite

Quid de l'avenir ? «Nous avons éteint le feu qui avait été bouté à l'école, nous devons maintenant nous attaquer à la réforme du Cycle d'orientation», promet M.Duval.

Les partis de droite avaient de leur côté le triomphe prudent, hier soir. La plupart se réjouissaient que l'école ait été dotée d'un cadre très strict dans lequel parents et élèves auront plus de facilité à se mouvoir. Libéraux, radicaux et udécistes ayant davantage envie de capitaliser cette victoire et de porter maintenant le débat sur la question du Cycle d'orientation. (...)




20Minutes, le 25 septembre 2006

Les notes de retour à l’école primaire

Il y aura de nouveau des notes dès la troisième année scolaire. L’initiative de l’Association refaire l’école (Arle) a été acceptée hier à plus de 75%.

Désavoué, le conseiller d’Etat chargé de l’éducation, Charles Beer, a promis d’appliquer la réforme dès la rentrée d’août 2007. Les cycles d’apprentissagede deux ans disparaissent, au profit de six années d’études au primaire. Les notes de 1 à 6 s’appliqueront dès la troisième, avec des moyennes déterminantes pour passer d’un degré à l’autre.

L’initiative de l’Association refaire l’école (Arle), qui réclamait le retour des notes, a fait un véritable tabac. Le contre-projet du Grand Conseil, soutenu par les partis bourgeois, a également été accepté. Néanmoins, comme le peuple lui a préféré l’initiative de l’Arle, c’est cette dernière qui sera appliquée. Le taux de participation s’élève à 54,7%.

«Ce jour-là, je l’attends depuis quinze ans, se réjouit André Duval, président de l’Arle. C’est un choix d’école claire fait par la population, analyse-t-il. Dorénavant, l’esprit de l’initiative doit être mieux représenté dans les instances dirigeantes de l’école.» Pour le Conseil d’Etat, et plus particulièrement pour Charles Beer, le magistrat en charge de l’Instruction publique, ce résultat est un désaveu pesant.

Dès le 27 août 2007, les notes ainsi que les moyennes seront appliquées dans toutes les écoles primaires du canton. Le patron du Département de l’instruction publique s’y est engagé hier. Un règlement d’application doit encore être rédigé. Charles Beer a promis de concerter toutes les parties afin de trouver une «solution concertée». Selon le ministre, le défi sera «de trouver un nouvel équilibre entre les acquis de la rénovation et le retour des notes».

L’Ecole genevoise n’en a pas pour autant fini avec les tourments. Deux initiatives et un projet de loi concernant le cycle d’orientation ont été déposés.

Renaud Bournoud



Le Matin, le 25 septembre 2006

«Le drill est nécessaire»

GENÈVE Le président de l'ARLE André Duval brosse le tableau de l'école de demain. Après le vote triomphal réclamant le retour des notes et des moyennes, l'instituteur demande d'autres changements
XAVIER LAFARGUE

Grande gagnante de la votation sur les notes, l'Association Refaire l'Ecole (ARLE) entend remettre de l'ordre dans l'enseignement genevois. Instituteur en primaire pendant trente ans et président de l'ARLE, André Duval (55 ans aujourd'hui) donne ses grandes lignes pour l'école de demain.

André Duval, outre le retour des notes, que réclamez-vous pour la prochaine rentrée ?
Derrière les notes, c'est une vision de l'école qu'il faut changer. Notre priorité, c'est instruire l'élève, et non l'éduquer comme on le fait actuellement.

Concrètement?
Sans négliger les aspects éducatifs, l'accent doit être mis sur le savoir de base: lire, écrire, calculer. On doit donc repenser chaque discipline liée au français et aux maths.

Un exemple?
La richesse de vocabulaire. Actuellement, le maître n'est qu'un animateur qui laisse l'élève découvrir. C'est faux. Au contraire, le prof doit diriger l'enfant dans ses apprentissages. A un moment, il faut que les gamins apprennent que certains mots existent! Et pour les retenir, la répétition, le drill est nécessaire.

Il faut supprimer d'autres branches au profit du français et des maths?
Pas forcément, encore qu'il y a aujourd'hui pas mal de pertes de temps à l'école primaire.

Dans quels domaines?
Par exemple, on utilise des heures pour l'éducation dentaire, l'alimentation, la santé... Tout cela a sa place à l'école, mais là, on en fait beaucoup trop.

Autre demande de l'ARLE, le redoublement...
Il faut nuancer. Notre initiative dit seulement que le passage au degré supérieur ne doit pas être automatique. Cela ouvre donc la porte à toutes les mesures d'appui pour aider un élève en difficulté.

Des mesures existent aujourd'hui...
Oui, mais je prétends qu'elles ne sont pas efficaces, et qu'il faut revoir tout le dispositif pour dégager des forces supplémentaires.

C'est-à-dire du personnel supplémentaire ?
Non. Jusqu'à preuve du contraire, on a sorti beaucoup trop de profs de leur classe, pour en faire des formateurs. Ces gens-là doivent revenir à l'enseignement, sans que les finances du département n'en souffrent.



La Presse, le 26 septembre 2006 (journal québécois)

Les Suisses rejettent la réforme qui sert de modèle au Québec

Marie Allard

La réforme de l'éducation subit un autre revers dans le canton de Genève, en Suisse, qui a servi de modèle au Québec. Un référendum demandant le retour des notes, des moyennes de classe et de la promotion annuelle a obtenu dimanche 75,6% d'appui de la population. Prenant acte de ce désaveu, le ministre genevois de l'Éducation, Charles Beer, a promis le retour à une école plus traditionnelle pour la rentrée 2007.

Les électeurs "ont donné le coup d'arrêt" à la réforme, selon le numéro d'hier du quotidien suisse Le Temps. Ils ont "exprimé leur ras-le-bol de la frénésie des réformes appliquées depuis les années 1970". Le taux de participation au référendum a été de 54,7%, ce qui est élevé.

Le ministre Beer avait proposé un compromis l'an dernier, après 10 ans de réforme à Genève. Des notes - traduisant l'évolution de l'élève par rapport à lui-même - étaient apparues.

Quant aux cycles d'apprentissage, ils étaient passés de quatre à deux ans, comme au Québec. Cela n'a pas suffi : les électeurs ont voté pour des"cycles" d'un an et des notes liées aux objectifs à atteindre.

"La solution appliquée en 2005 a été jugée insuffisante, a constaté Charles Beer. C'est un échec." Indiquant que le vote était pour lui "un signal fort", le ministre a précisé qu'il n'était "plus question de se lancer dans des grands changements sans avoir le souci d'être compris", tel que rapporté par la Tribune de Genève.

L'Association refaire l'école (ARLE), qui a lancé ce référendum après avoir fait signer une pétition par 28000 électeurs, était très heureuse du résultat."Nous remercions les citoyens très chaleureusement pour cette preuve de bon sens", a indiqué hier à La Presse André Duval, président de l'ARLE. Le groupe tient maintenant au retour "des notes certificatives avec des moyennes et des programmes annuels ", a-t-il précisé.

"On aurait le même résultat au Québec"

Le résultat du référendum a impressionné Éric Bédard, cofondateur du Collectif pour une éducation de qualité, qui réclame un moratoire sur la réforme au Québec. "Genève était notre grand modèle et pourtant les Genevois ont dit : Ça suffit les réformes et les révolutions pédagogiques, on veut une école avec des points de repère clairs, a-t-il souligné. Je suis convaincu que si on avait cette arme-là (le référendum), au Québec, on aurait le même résultat."

Le ministre de l'Éducation du Québec, Jean-Marc Fournier, était allé à Genève étudier la réforme en juin 2005. Hier, son attachée de presse a précisé que les parents auraient à décider, cette année, s'ils veulent des notes dans les bulletins au primaire. Le retour du redoublement est, quant à lui, prévu dans un projet de loi qui sera étudié cet automne. Restent les cycles, qui sont toujours de deux ans ici.

"Contrairement à la Suisse, on a une table de pilotage qui suit l'évolution de la réforme et qui la module selon les besoins", a souligné Marie-Claude Lavigne, attachée du ministre. Le ministre Fournier "s'attelle présentement à mettre en oeuvre les 12 recommandations" issues du rapport de la Table de pilotage, selon Mme Lavigne.



Tribune de Genève, le 27 octobre 2006

Jusqu’où se propagera l’onde de choc du vote sur les notes?

Education - Les effets du succès de l’ARLE devraient se répercuter au-delà de l’école primaire.
jérôme faas

La réaction en chaîne est inévitable. Le succès de l'ARLE a été si écrasant qu'il paraît impossible que ses effets s'arrêtent à l'école primaire. Lorsque le cœur, la matrice de l'institution scolaire est touché, le choc se propage mécaniquement à tout l'édifice et à ses satellites.

Tour d'horizon des chantiers ouverts par la netteté du scrutin.

Vers un renouvellement des hauts cadres du DIP?
A peine son triomphe acquis, l'ARLE a réclamé des têtes au Département de l'instruction publique. Selon elle, les hauts fonctionnaires en place ne sont pas représentatifs de «l'esprit de la volonté populaire». Le conseiller d'Etat Charles Beer a immédiatement riposté, excluant toute «chasse aux sorcières» menée contre ses cadres. Le directeur de l'enseignement primaire, Didier Salamin, a déjà annoncé qu'il restait en place, tout en annonçant qu'il n'avait pas encore décidé de la date de sa retraite (voir ci-dessous). Mais tous ses collègues choisiront-ils la même voie ? Et Charles Beer sera-t-il tenté d'intégrer un ou des membres de l'ARLE à l'organigramme du DIP ? Tout est ouvert.

Le président de la SPG sous le feu des critiques
Si l'ARLE s'en prend au DIP, la droite règle ses comptes avec le syndicat des enseignants. La SPG sort affaiblie de la votation. Elle devra cohabiter avec l'ARLE à la table des négociations avec le DIP.
Pour qu'elle soit écoutée, son président, Olivier Baud, doit-il s'effacer ? L'homme juge que les attaques dont il fait l'objet depuis dimanche «volent bas». Il refuse d'être un fusible, réaffirme qu'il ne fait que relayer l'opinion de la base et rappelle qu'il a été élu en mai par 361 voix sur 376.

Notes et formation des enseignants: compatibles ?
«Un très gros problème», selon les vainqueurs de dimanche. Le retour des notes implique-t-il un réaménagement de l'enseignement dispensé par la Faculté des sciences de l'éducation (Fapse) et l'Institut de formation des maîtres de l'enseignement secondaire (Ifmes) ? L'association des étudiants de la Fapse, accusés d'être «endoctrinés», s'en est défendue hier avec virulence. Des ajustements, à tout le moins dans la communication de ces institutions, semblent incontournables.

Les associations de parents se dépolitisent
Le Groupement des associations de parents d'élèves des écoles primaires (GAPP) a défendu le double non. Or, l'ampleur du double oui oblige à penser qu'une majorité de parents s'est distanciée des positions du GAPP, censé les représenter.
Conscient de ce fossé, le Groupement a déjà commencé sa mue. Il prévoit de se recentrer sur la proximité avec les parents, quitte à être moins présent dans les cabinets du DIP. L'apolitisme est érigé en nouveau mot d'ordre.



Tribune de Genève, le 28 octobre 2006

Les parents d'élèves font leur révolution

 . Le nouveau président de l’association faîtière des parents du primaire (Gapp), Eric Trunk, rompt avec le passé.
 . Le Gapp se veut apolitique, plus proche des parents, loin des querelles pédagogiques et indépendant du DIP.
 . Le directeur de l’Institut de formation des maîtres du secondaire défend son institut et appelle à sortir de l’idéologie.
jérôme faas

C'est un virage à 180 degrés. Dorénavant, le Groupement des associations de parents d'élèves du primaire (Gapp) passera plus de temps auprès des parents, et moins dans les bureaux du Département de l'instruction publique (DIP).

Cette révolution, Eric Trunk, le nouveau président du Gapp, y pensait depuis son intronisation, le 1er avril. Mais son comité n'avait pas les coudées franches. Par souci de cohérence et de loyauté, il était tenu de poursuivre la politique de l'ancienne équipe, dirigée par Jean-Luc Oestreicher. Celle-ci s'était engagée corps et âme pour le double non. La votation a eu lieu, le débat est clos, Eric Trunk peut repartir à zéro.

«Le triangle des Bermudes, Gapp, Société pédagogique genevoise, Faculté des sciences de l'éducation, c'est fini!», lance-t-il, s'appropriant l'expression lancée dimanche par le libéral Pierre Weiss. Les résultats du scrutin le confortent dans sa position. Le Gapp est censé se faire l'écho de tous les parents. L'écrasante victoire de l'Arle met à mal sa représentativité. EricTrunk en tire les conséquences. Désormais, le Gapp sera clairement apolitique.
(...)

 

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