Vers le debut

«Les parents se substituent aux enseignants»

Témoignage de Roberto Serafini, menuisier, deux fils en 9e et 5e primaire, Genève.
publié dans Construire No 8, 19-2-2002  www.construire.ch

"Mon fils cadet est en cinquième primaire dans une école exploratoire où il n'a pas de notes. A mes yeux, son livret scolaire ne dit pas grand-chose : j'en apprends plus en discutant avec les enseignants.

Il me semble que l'enfant se sent davantage concerné par une note, car si elle est mauvaise, la sanction est immédiate. Il a tout de suite conscience qu'il doit travailler pour la rattraper. L'évaluation est plus vague et, avec l'introduction de cycles de quatre ans, l'enfant peut se laisser aller. Le discours dominant lui donne raison : «on verra», «a le temps d'apprendre», «va à son rythme». Il n'y a pas de pression scolaire, mais tôt ou tard le retard risque d'être impossible à rattraper. En fait, c'est «place aux forts» et les autres doivent compter sur leurs parents, pour autant qu'ils soient disponibles...

Du coup, je passe près de deux heures par jour avec le plus jeune à faire de la lecture, de la conjugaison, des maths. Dans son école, il y a encore des devoirs et c'est une chance : il apprend ainsi à prendre un rythme et ne sera pas perdu au cycle d'orientation. Les parents sont en train de se substituer aux enseignants."